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L’APBG A LA DECOUVERTE DES OREILLES DU PIC DE BURE – 14/09/25

Des membres de l’APBG avec enfants et conjoints sont partis le 14 septembre à l’assaut du pic de Bure à 2554m.

            L’assaut a été réussi pour tous grâce au téléphérique permettant d’acheminer le personnel à la station après 1000m de dénivelé. Ce téléphérique permet aussi de monter tout le matériel nécessaire à l’installation avec un casier capable de porter 6 tonnes au max. Les engins de chantier sont donc montés en morceaux et reconstruits en haut.

            Arrivés au sommet, nous avons été accueillis par Bertrand Gautier, responsable du site, qui nous a accompagnés pour une visite passionnante et a répondu avec gentillesse à toutes nos questions.

            Le site a été choisi pour son atmosphère pauvre en eau (la vapeur d’eau perturbant les mesures) et loin de pollutions actuelles.

            Le site comporte 12 télescopes de 15 m de diamètre chacun capables d’enregistrer les ondes de l’ordre du millimètre, et donc d’étudier des objets froids. Les antennes sont déplaçables et permettent d’avoir un diamètre maximum d’éloignement de 1664 m, ce qui permet d’augmenter la qualité des données collectées (d’où le nom d’interférométrie). Des projets sont même menés en utilisant tous les télescope mondiaux pour avoir un diamètre de 12000km. C’est ainsi qu’a été obtenue l’image du trou noir en 2019 grâce à une coopération internationale.

            Le site va réaliser environ 150 projets par an dont 80% au bénéfice de la France, l’Allemagne et l’Espagne qui financent le site et 20 % ouverts à des projets internationaux choisis sur dossier. Chaque projet correspond à 4 à 6 h d’observation en moyenne. Le planning est organisé par les opérateurs du site et les chercheurs reçoivent ensuite leur données numériques à traiter.

            Les projets sont variés :

– vision des protoplanètes autour des étoiles en formation

– le cycle de vie des étoiles (par la vision des bulles de gaz émises par les étoiles en fin de vie)

– la dynamique des objets étudiés ( par l’effet Doppler qui permet de déterminer la vitesse des objets)

-la chimie de l’espace ( déterminer les molécules présentes et en particulier des acides aminés)

– la cosmologie pour observer le début des galaxies

– les trous noirs

            Pour tous ces projets, le site fonctionne 24h/24, 7j/7 et 365 jours/an. Tout le matériel est doublé pour palier à une panne éventuelle.

            3 équipes se relaient en poste de 8 heures. 7 personnes seulement sont nécessaires pour faire tourner le site par équipe, ils doivent être très polyvalents pour répondre à toutes les urgences.

Chaque équipe contient :

– 2 opérateurs

– 1 mécanicien

– 1 électricien

– 1 astronome de service

– 1 vigie du téléphérique

            La quantité de données récoltées est énorme et nécessite un collecteur de données conséquent qui a coûté 5 millions d’euros, et les 43 km de fibres sous le plateau pour connecter les télescopes ont eux aussi coûté 5 millions d’euros. De plus un réseau de fibres permet de relier le plateau du pic de Bure à Saint Martin d’Eyre pour conserver toutes les données en double.

            Ce gigantesque site est pourtant très peu coûteux en énergie : il fonctionne avec une consommation d’énergie équivalente à celle du village de Super Dévoluy (900 habitants), grâce à son ingénierie (la chaleur dégagée par les serveurs chauffe le hall de réparation des télescopes par exemple).

            En bref, un instrument de précision sur un plateau venteux qui permet d’obtenir des données de recherche fondamentale mises à disposition de toute la communauté scientifique internationale et financé par des fonds publics grâce à un personnel dévoué et passionné. Le lieu d’une petite utopie, non ?